
INTERVIEW. L’enquête sur la mort d’Emile se poursuit. Le mercredi 2 avril, l’émission Enquêtes criminelles est revenue sur l’affaire, révélant des éléments troublants sur les circonstances du drame....
Le 27 mars 2024, un décret a été publié, modifiant les règles d'importation de tabac en France depuis d'autres pays de l'Union européenne. Et si les particuliers peuvent désormais rapporter plus d'une cartouche sur le territoire (200 cigarettes), ils peuvent cependant être verbalisés à partir d'une seule cartouche "dès lors que le faisceau d’indice concorde pour considérer que la cartouche est importée à des fins commerciales".
Le ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave, a expliqué lors d'un point presse que la fin de la limite de 200 cigarettes, 50 cigares, 250 grammes de tabac à fumer et 100 cigarillos par adulte marque un changement radical dans l'approche des douaniers.
"Nous ne nous appuyons plus du tout sur une logique de volume et de cartouche", a-t-il détaillé, rapporte Le Monde. "Les douaniers ont désormais la possibilité de s’appuyer sur un faisceau d’indices, de saisir et de sanctionner celles et ceux pour lesquels il y a une présomption de commerce et donc de commerce illégal", a-t-il poursuivi avant de détailler les nouveaux seuils à respecter.
Selon un communiqué publié le 8 avril, voici les seuils à ne pas dépasser par adulte :
Tout dépassement de ces seuils pourrait entraîner une amende et la saisie du tabac. Mais surtout, la quantité ne sera plus le seul critère observé par les douaniers. En effet, même si ces seuils ne sont pas dépassés, la douane pourra aussi demander le paiement des taxes sur le tabac provenant d'un autre État membre de l'Union européenne si elle considère qu'il est destiné à des fins commerciales.
Selon Thomas Cazenave, l'objectif du décret est de déterminer "ce qui relève d’un achat personnel et ce qui relève d’un achat pour revendre, alimenter un marché parallèle et donc pour frauder". Le ministre a ensuite précisé les cas dans lesquels la douane pourra soupçonner du trafic, et donc appliquer une amende et la saisie du tabac. Ils sont au nombre de 12.
Selon un communiqué de Bercy publié le 30 mars 2024, les douaniers se baseront ainsi sur "douze critères quantitatifs et qualitatifs ayant vocation à différencier les importations commerciales des importations pour consommation personnelle" :
Des annonces qui ont suscité de vives réactions.
La décision de revoir à la hausse les seuils de tabac pouvant être importés en France par les voyageurs en provenance de l'UE suscite des réactions vives, notamment du côté de la santé publique. Le Professeur Bertrand Dautzenberg, médecin et président de Paris Sans Tabac, exprime son indignation sur X : "Le cancer du fumeur coûtera moins cher dans les régions frontalières". Critiquant ouvertement le Conseil d'État, ce dernier a qualifié cette décision comme étant "honteuse" par rapport à la lutte contre le tabagisme.
La question de l'impact sur les finances publiques n'a pas non plus tardé à être évoqué.
Outre les préoccupations sanitaires, ce changement législatif soulève également des questions financières. Avec cette suppression des limitations, le gouvernement risque de perdre des recettes fiscales considérables. En effet, les taxes représentent environ 80 % du prix du tabac en France.
Déjà en baisse, le nombre de paquets vendus en France a chuté à moins de 1,5 milliard en 2023, soit une baisse de 8 % par rapport à 2022 et 25 % depuis 2018, selon les chiffres publiés par les Douanes et rapportés par Les Echos.