
Alors que de nombreux rebondissements ont récemment secoué la France entière dans l'affaire de la mort d'Émile Soleil, sa famille a récemment décidé de partir s'isoler dans un lieu tenu secret. Voici pourquoi.
140. C’est le nombre d’objets volants non identifiés aperçus dans le ciel des Etats-Unis en 2021. Un chiffre qui a poussé la NASA à annoncer, en juin dernier, la création d’une enquête spéciale.
"Au fil des décennies, la NASA a répondu à l'appel lancé pour s'attaquer à certains des mystères les plus déconcertants que nous connaissons, et ceci n'est pas différent", déclarait Daniel Evans, en charge de l’étude, lors d’une conférence de presse.
Et si Outre-Atlantique, le sujet d’une présence extra-terrestre est pris au sérieux, dans l’Hexagone, les autorités se font traditionnellement plus discrètes sur le sujet, souvent qualifié de fantaisiste.
Mais il existe bien une organisation dédiée à l’étude de ces phénomènes. Il s’agit du Groupe d’Etudes et d’Information des Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés, le GEIPAN.
Il dépend du CNES, le centre national d’études spatiales. Leur travail s’effectue dans l’ombre, mais ils enquêtent chaque année sur pas moins de 150 à 200 signalements qualifiés d’étranges, note le National Geographic.
La plupart concernent des phénomènes aperçus au niveau aéronautique (55%) ou astronomique (22%). Seul 3% des cas ont été observés au sol.
Le site de l’institution précise que sur 2978 phénomènes étudiés au 29 mars 2022 :
L’ufologie, c’est-à-dire l’étude des OVNIS, est donc bien loin d’avoir résolu tous les mystères de cette discipline. Le sujet inspire, quoi qu’il en soit, légendes et fantasmes depuis la nuit des temps.
De nombreux quidams se sont ainsi pris de passion pour les phénomènes extra-terrestres, à l’image de Thierry Gaulin, professeur d’histoire-géo. En Occitanie, ce féru d’ufologie a créé une association, « Ovni Languedoc », et parcourt l’Hexagone pour enquêter sur les observations les plus troublantes.
Interview.
Thierry Gaulin, président co-fondateur d’Ovni Languedoc : en 1993, je venais de quitter les TDM, et j’avais repris mes études pour passer le Capes et devenir prof. Dans ce cadre, j’ai été recruté comme contractuel au sein de l’Education national. Pour préparer mes cours, j’allais souvent acheter des livres dans les librairies, et un jour, je suis tombé sur un rayon que je ne connaissais pas : l’ufologie. J’ai été intrigué par un ouvrage, Ultra Top-Secret, ces ovnis qui font peur de Jean Sider, un pavé de 400 pages. Je l’ai acheté, et j e n’ai jamais décroché.
C’était tellement singulier et tellement fouillé en même temps. Deux ans après, en 1995, à l’époque de la fausse autopsie de Roswell, j’ai adhéré à une association ufologique francophone, SOS OVNI. Quand j’ai déménagé, j’ai ensuite fondé Ovni Languedoc, avec deux autres camarades.
Il y a pas mal d’associations en France qui s’intéressent à l’ufologie, mais on a une particularité, c’est notre ADN : l’enquête de terrain. Des témoins nous contactent, et un binôme d’enquêteurs effectue un travail d’aval pour essayer d’expliquer le phénomène.
Certaines enquêtes peuvent durer des années.
Nous avions eu le cas d’une vidéo d’un ambulancier qui avait capté, lors d’un trajet entre Montpellier et Millau, des néons lumineux dans le ciel. Cela nous a pris deux ans et demi, 25 000 kilomètres de trajet et un budget énorme pour les identifier. La gendarmerie a même bloqué l’autoroute à l’heure de l’observation. Finalement, nous avons pu trouver qu’il s’agissait de traînées d’avion : quand le soleil passe sous l’horizon, cela illumine la trainée de condensation et donne des néons. Mais sur la vidéo, l’image était très différente de ce phénomène.
Thierry Gaulin, président co-fondateur d’Ovni Languedoc : Pour les raisons de leur arrivée, nous avons généralement deux types de profils : pour les uns, c’est la curiosité. Ce sont des gens qui n’ont jamais vu d’OVNIS mais ils s’y intéressent. Et pour les autres, ce sont des anciens témoins de cas sur lesquels nous avons enquêté auparavant, et qui décident de continuer à travailler avec nous.
On retrouve de tous les âges, de toutes les catégories, du scientifique de haut niveau retraité au chômeur de 30 ans, en passant par des ingénieurs, des gens du bâtiment…
Tous ne sont pas enquêteurs : nous avons aussi des activités de communication, pour se faire connaître et recueillir des témoignages, et nous organisons aussi plusieurs rencontres ufologiques dans la région, entre Nîmes et Montpellier la plupart du temps.
On a une procédure, un schéma de fonctionnement qui est en partie inspiré de celui du GEIPAN, où des gens travaillent un peu comme nous, mais avec, bien évidemment, de plus grands moyens.
J’ai eu l’occasion de travailler avec eux, en tant qu’intervenant de premier degré, j’ai donc eu accès à ces méthodes.
On utilise un certain nombre d’instruments, cela peut aller du simple comparateur de taille sur une feuille transparente à des logiciels que l’on peut trouver le net, pour savoir par exemple s’il y a eu un satellite ou un avion dans le ciel à ce moment-là.
Nous fonctionnons en binôme, et c’est une méthode intéressante selon nous, car on oublie toujours quelque chose, et le binôme est là pour intervenir si un collègue a omis une étape, une théorie…
Tout ce que l’on peut utiliser, on l’exploite. On contacte même les forces de l’ordre, les aéroports, on se déplace souvent… Heureusement, la plupart du temps, nous sommes pris au sérieux. On est toujours bien accueillis, et parfois, les gendarmes s’intéressent vraiment à nos études.
Nous avons un cas du côté de Draguignan, avec des témoignages sur un atterrissage d’OVNI et une entité extra-terrestre qui avait été observée par des témoins dans 4 ou 5 familles des environs. On est donc allés sur place, et nous avons pu échanger avec la gendarmerie locale, qui n’avait aucune information. Les familles, bien évidemment, souhaitaient rester anonymes, nous n’avons donc transmis aucun nom.
Par la suite, nous recevions, tous les deux ou trois mois, un coup de fil de cette gendarmerie, ils voulaient savoir où nous en étions dans nos investigations ; ils avaient aussi eu quelques informations entre temps, qu’ils nous transmises.
Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas réussi à expliquer ce phénomène. C’était un très haut degré d’étrangeté, avec une entité qui traverse les murs, un atterrissage dans les vignes, et plusieurs témoins. Il n’y a pas d’hallucination collective possible. Il s’est donc vraiment passé quelque chose.
Thierry Gaulin, président co-fondateur d’Ovni Languedoc : Je pense que nous n'en sommes plus à se poser la question sur la réalité du phénomène OVNI. Je ne l’ai jamais personnellement observé, mais cela fait presque 30 ans que je m’y intéresse, et je suis convaincu qu’il existe.
Je ne sais ce qu’il est exactement, sa nature est certainement multiple, et il y a aussi beaucoup de méprises, de canulars. Mais on a remis nos statistiques à jour l’été dernier, et nous avons 45% de phénomènes expliqués parmi nos enquêtes, ce qui laisse donc 55% de phénomènes inexpliqués. Même si dans certains cas, nous manquions d’informations, ou sommes arrivés trop tard, cela fait beaucoup.
Surtout, les témoins que nous entendons sont convaincus d’avoir vu quelque chose qu’ils ne peuvent comprendre. Ce sont des gens sincères.
Après, si on pouvait expliquer toutes les observations, on aurait probablement arrêté ce travail. C’est ce qui nous maintient en alerte aussi.
Dans le secteur des Pyrénées-Orientales, il y avait une famille qui avait été réveillée à 1h du matin par leurs chiens qui aboyaient dehors. Le père est descendu et a rentré les chiens avant d’aller se servir un verre d’eau dans la cuisine. Là, par la fenêtre, il a vu une lumière qui évoluait dans le champ d’en face. C’était à la campagne, il n’y avait pas de voisins à moins de 8 kilomètres.
Il se dit dans un premier temps qu’il s’agit simplement de quelqu’un, qui se balade dans le pré. Mais la lumière lui permet de voir finalement une forme, qui est globalement humaine mais qui « glisse », avec deux bras qui ondulent comme une pieuvre, et une lumière au niveau du crâne qui éclaire les alentours.
La lumière va se balader pendant une heure et demi. Toute la famille l’a aperçu. Ils ont vu aussi un balai lumineux dans le ciel. Et puis, ils ont eu une réaction qui peut paraitre anormale, ils sont allés se recoucher. Ils n’ont pas appelé la gendarmerie, mais nous ont contacté le lendemain.
Sur place, on a bien constaté des traces de brûlures et de moisissures dans le champ.
Un an après, la mère de famille m’a appelé : elle était encore très traumatisée par cet évènement. Quand il y a un tel degré d’étrangeté, forcément, l’impact est conséquent.
Thierry Gaulin, président co-fondateur d’Ovni Languedoc : oui, nous avons eu quelques témoignages à ce sujet. Mais la plupart du temps, ce sont des gens qui étaient dans un état de semi-conscience, donc on ignore si c’est vrai, peut-être qu’il s’agit d’un problème psychologique ou psychiatrique plus profond, même s’il y a une possibilité que ça soit réel.
Même les psychiatres ignorent si c’est vrai.
Le site du GEIPAN repertorie les observations sur une carte de la France, on peut donc noter qu’il y a des régions où il y a plus d’observations, souvent, les plus peuplées et où on vit le plus dehors. Dans le sud, en Provence ou en Occitanie, et en Ile-de-France également. Ensuite, certains ufologues vous diront que le Bugarach est un lieu où les observations sont fréquentes, mais statistiquement, moi, je ne trouve pas vraiment.
La base sous-marine de Lorient, selon certains, serait aussi un lieu d’observation privilégié, ainsi que le triangle de la Burle.
Je dirais que c’est en train de passer. Dans les années 70-80, on en parlait plus volontiers, mais ensuite les médias ont un peu tourné le sujet en ridicule. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens sont plus ouverts. Même si je suis sûre que certains pensent que c’est ridicule ! Ma mère, elle-même, m’a longtemps dit que c’était ridicule, jusqu’au jour où elle m’a demandé ce que c’était que cette chose qu’elle avait vu dans le ciel…
Aux Etats-Unis, le sujet est pris au sérieux, notamment avec les communications récentes de la NASA. On aimerait qu’en France, le gouvernement fasse des déclarations proches de cela. C'est d'ailleurs l'un des objectifs du CIPO (Collectif d'intervenants sur le Phénomène OVNI).
J’ai beaucoup travaillé sur un cas très intéressant, en 1979, le cas de Manises en Espagne, où il y a tout : des déclarations des pilotes à proximité de cet aéroport de Valencia, qui ont vu un phénomène lumineux, et qui ont même dû dérouter l’appareil pour se poser en urgence ; 50 témoignages de contrôleurs aériens, d’officiers de la base militaire juste à côté, l’enregistrement des radars…
L’armée a fait décoller un mirage F1 pour poursuivre l’objet lumineux pendant 1h30, et le pilote n’y est parvenu, alors que l’avion était ce qu’il y a de plus rapide à l’époque. Après enquête, l’armée espagnole avait conclu en étayant toutes les hypothèses qu’ils étaient incapables de déterminer la nature de l’objet.
On n’a pas de cas aussi sérieux en France, ou bien, peut-être que des évènements similaires sont arrivés, mais rien n’a été déclassifié.
Il faut simplement être curieux, et passionné ! C’est un loisir, il n’y a pas besoin de diplôme, ou a seulement des formations à l’enquête de terrain et quelques notions pluridisciplinaires qui s’apprennent sur le terrain.
Notre association recrute principalement en Occitanie, car on aime aussi organiser des rencontres, se déplacer et partager des moments conviviaux ensemble.
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