
INTERVIEW. L’enquête sur la mort d’Emile se poursuit. Le mercredi 2 avril, l’émission Enquêtes criminelles est revenue sur l’affaire, révélant des éléments troublants sur les circonstances du drame....
Quatre ans de prison, dont deux ferme, et cinq ans d'inéligibilité immédiate. C’est la peine dont a écopé Marine Le Pen pour détournement de fonds publics au procès des assistants parlementaires du RN ce lundi 31 mars 2025. Si à ce stade, une telle peine l'écarte de l'élection présidentielle de 2027, la cheffe de file du Rassemblement national a d’ores et déjà assuré que le parti “ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle", lors d'une réunion des députés RN à l'Assemblée nationale ce matin.
De son côté, Jordan Bardella estime qu’il s’agit d’une “décision disproportionnée" et "partisane". “Il s'agit d'une négation pure et simple de l'Etat de droit", a-t-il fustigé au micro d’Europe 1 ce mardi 1er avril, estimant que “tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir”.
Alors que Marine Le Pena annoncé faire appel, espérant une relaxe en 2026, plusieurs scénarios se dessinent en fonction de la décision qui sera prise en seconde instance. “Si le jugement en appel intervient avant la date limite de dépôt de candidature à la présidentielle et si la Cour d’appel supprime la peine d'inéligibilité ou la réduit à une durée déjà exécutée de façon rétroactive, elle pourra se présenter en 2027. Mais c’est un scénario très peu probable”, nous explique le politologue Thomas Guénolé.
Si sa peine est confirmée, cela mettrait un terme définitif à ses espoirs pour succéder à Emmanuel Macron. Le Rassemblement national pourrait alors décider de présenter un autre candidat en 2027. Et il est fort possible que le choix du parti se porte sur l’actuel chef du RN : Jordan Bardella.
“Le choix le plus évident serait Jordan Bardella et manifestement elle s’est préparée elle-même a cette possibilité” poursuit l’expert. En effet, Marine Le Pen a annoncé au micro de BFMTV ce lundi 31 mars, que Jordan Bardella “a la capacité d'être président de la République”. “C’est un choix qui semble avoir été déjà fait, elle lui laisserait les clés du parti sans hésiter”, ajoute-t-il.
Quid de Marion Maréchal ? “Marion Maréchal serait un choix certes plus compétent et plus charismatique pour faire campagne, d’autant qu’elle fait partie de la famille mais sa “trahison” (son ralliement au parti d’Éric Zemmour, Reconquête ! NDLR) est difficilement pardonnable”.
D’après un sondage Odoxa publié en novembre dernier, Jordan Bardella se classe en tête des personnalités les plus populaires au sein du Rassemblement national. “Quand on regarde les sondages, les chances de victoire de Jordan Bardella sont similaires à celles de Marine Le Pen. Et dans le détail, il attire moins le lectorat populaire du RN mais plutôt des électeurs jeunes et de droite”, explique Thomas Guénolé. Au total, 59 % des sympathisants du RN privilégient Jordan Bardella, contre seulement 37 % pour Marine Le Pen.
De même, selon une étude Ifop-Fiducial parue début mars, 60 % des Français anticipaient une candidature de Jordan Bardella à la présidence de la République dans deux ans, et 43% d'entre eux l'espèrent.
Et dans le cas où l’actuel président du RN serait élu en 2027, il pourrait très bien choisir Marine Le Pen comme Première ministre. “C’est le cas le plus probable, un président "homme de paille" et le pouvoir serait exercé indirectement par Marine Le Pen en tant que Première ministre”. Et si le Rassemblement national fait face à une crise d’ampleur, pour l’heure, toutes les conséquences de cette condamnation ne sont pas encore connues.