Il gagne 10 millions d’euros au loto et se retrouve poursuivi en justice après l’achat du ticket gagnant
C'est une histoire digne d'un scénario hollywoodien qui se joue actuellement devant la Cour supérieure du comté de Maricopa. Tout commence en novembre 2025 dans une station-service Circle K de Scottsdale. Selon les informations rapportées par The Independent, un client souhaite jouer au "The Pick" mais, suite à une mauvaise manipulation, le terminal imprime pour 85 dollars de grilles. Le client refuse de payer la totalité, règle 60 dollars et laisse 25 dollars de tickets "orphelins" sur le comptoir. Le soir même, le destin frappe : les numéros 3, 13, 14, 15, 19 et 26 sortent, attribuant à l'un de ces billets délaissés un gain colossal de 12,8 millions de dollars.
Le lendemain matin, Robert Gawlitza, le gérant du magasin, découvre que le ticket gagnant fait partie du stock d'invendus. Sa réaction est immédiate. D'après le récit de Phoenix New Times, il retire son uniforme, pointe sa fin de service pour marquer sa démission symbolique, et rachète les tickets restants pour 10 dollars à un collègue avant de signer le précieux papier au dos. Ce geste marque le début des hostilités.
Un conflit entre droit de propriété et règles administratives
La réponse de l'employeur ne s'est pas fait attendre. Circle K a saisi la justice en février 2026 pour obtenir un "jugement déclaratoire" et a placé le ticket sous séquestre. L'entreprise fonde son argumentation sur le Code administratif de l'Arizona (Ariz. Admin. Code § R19-3-213). Ce texte stipule qu'un ticket généré par un détaillant, refusé par le client et non revendu immédiatement, demeure la propriété de l'enseigne.
Robert Gawlitza oppose à cette logique la validité de sa transaction. Il affirme avoir acheté le billet légalement, comme n'importe quel client. Le cœur du litige réside dans la chronologie : un ticket peut-il être considéré comme "vendu" s'il est acquis après que le résultat du tirage est connu et public ? Pour la Loterie de l'Arizona, interrogée par AZFamily, la situation est unique : l'agence confirme n'avoir "connaissance d'aucun litige antérieur" opposant un magasin à son propre salarié pour un tel montant.
Un compte à rebours judiciaire
Le temps presse pour les deux parties. Selon les règles en vigueur, le gagnant dispose de 180 jours pour se manifester, fixant l'échéance fatidique au 23 mai 2026. Si le tribunal ne tranche pas avant cette date, les 12,8 millions de dollars, le quatrième plus gros gain de l'histoire du jeu, pourraient être perdus et redistribués à des fonds publics.
Rich Elfrus, porte-parole de l'enseigne cité par 12News, assure que "Circle K s'engage à faire ce qui est juste". Cependant, l'entreprise a aussi un intérêt financier direct : le détaillant qui vend le ticket gagnant touche habituellement une prime de 10 000 dollars, une somme actuellement bloquée par la procédure. La décision de la cour déterminera si un employé peut, légalement, profiter des invendus de son propre magasin pour faire fortune.